.Il est treize heures et quinze minutes, le train démarre, mon coeur bat à cent à l'heure. Il roule, roule et roule toujours, je regarde le paysage défilé, je souris bêtement au ciel, les gens blasés me regardent l'air envieux.
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Quelques minutes plus tard je suis arrivée. Je marche rapidement, mes yeux se dirigent à gauche puis à droite, derrière et devant. Et là, le monde cesse de tourner, les gens s'immobilisent, les trains à grandes vitesse se coupent dans leur élan et laisse entrevoir un paysage flou. Il est là, le plus beau, mon plus beau. Il court vers moi, me porte, m'embrasse dans le cou, sur le front, sur les joues, sur la bouche. Des je t'aimes dans le ventre, des je t'aimes sur les cheveux, des je t'aimes dans la nuque et des je t'aimes plein les yeux.
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Nous nous dirigeons vers Montmartre. Dans les escalateurs je suis toujours une marche au dessus de lui, des bisous, des calins, de l'amour qui regorge de nos corps. On rit, notre complicité est intense, il m'aime par coeur, je le sais. Notre glace chez "tutti sensi", les escaliers et la pelouze. L'herbe saturée de vert est légérement humide, quelques perles de cristal sont accrochées aux petites brindilles. Nous sommes allongés, le bonheur, mieux que tout. Aucun mot ne pourrait décrire ces sensations, ces moments où ton coeur tambourine, voudrait sortir, exploser en millions de petits éclats d'amour et de joie pour en distribuer aux autres, tellement l'euphorie t'étouffe, te fais tourner la tête à n'en plus finir. Tu es comblée d'amour, et lui aussi. Les regards ne trompent jamais, et ses regards à lui sont les plus amoureux de toute cette terre. Une petite ondée vient caresser notre peau, beaucoup partent, et nous, nous rions de notre delectation. Nos sourires s'évadent vers le ciel, et un rayon lumineux se dessine sur nos visages. Le soleil apporte une touche de béatitude en plus sur le tableau de notre amour. Deux heures sont passées, ma tête est toujours contre son torse, et son coeur bat fort. Mes doigts courent sur son visage, il a gardé sa petite barbe, comme j'aime. Il est magnifique. Nous repartons, nous balladons, allons faire des essayages dans les cabines. Il est l'heure de repartir, il me prend dans ses bras et me porte dans les escaliers. Le sourire jusqu'au ciel, je me laisse porter comme une princesse, nous sommes seuls au monde, complètement seuls. Et je n'ai pas le courage de rentrer, je craque, je dormirai chez lui ce soir. On passe une soirée merveilleusement romantique tous les deux, une soirée qui déferle d'amour de tous les côtés, rien ne pourrait éponger notre plaisir.
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Se réveiller la nuit à trois heures du matin et sentir sa présence me réconforte intensément, " mon amour viens contre moi", et comme un automatisme il se colle contre moi. Nos corps se répondent et je me rendors paisiblement. Le réveil est toujours magique, entrouvrire les yeux et voir sa silhouette se dessiner avec les petits rayons de lumière qui traversent la vitre. " Bonjour mon amour". Le petit bisou du matin est si doux. Se voir, se regarder ainsi, sans artifices, sans rien, nous, à nu. Sans vêtement, sans jolie coiffure, sans maquillage, sans rien, juste nous, et s'aimer encore plus. Lorsque toi à cette heure du matin tu voudrais claquer des doigts pour avoir une tête sensiblement potable, lui il te regarde, plus amoureux que jamais et te lance " tu es vraiment belle ", tu baisses les yeux, un petit sourire au coin des lèvres.
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Je l'aime, un peu trop, beaucoup trop. Il faut rentrer maintenant, il ne peut pas revenir avec moi. Je l'aime tellement que cet impossibilité me ronge, me dévore, je t'en supplie ne m'abandonne pas. Le quitter parceque je l'aime comme une dingue? Le quitter parce que notre amour est tellement immense, énorme, complètement démesuré et déraisonné? Le laisser seul car notre amour est trop intense pour que je puisse accepter la distance, ces affreux kilomètres qui nous torturent. Il faut surement que notre relation prenne fin sinon je vais exploser d'amour, mon coeur frappe contre ma poitrine, je ne controle plus rien. Aujourd'hui a été un moment horriblement fort. Te voir pleurer comme ça mon amour, tes lèvres qui tremblaient et tes larmes qui ne cessaient de couler. J'avais envie d'hurler que je t'aimais plus que tout au monde, te prendre dans mes bras en disant, je ne veux pas te quitter, je veux vivre avec toi pour toute la vie, te dire que je te trouve beau et encore plus quand je vois ces larmes se dessiner sur ton visage. Et le soleil qui rend tes yeux bruns, verts, mon amour. Je n'ai pas le courage, ce n'est pas moi, qu'est ce que je fais? Ta douleur se transforme en sanglot, je voudrais mourir, crouler sous ta peine, je ne te mérite pas toujours. Tu montes avec moi pour les dernieres minutes, les derniers instants de bonheur avant nos retrouvailles. On pleure, on pleure comme des gosses, de gros sanglots sortent de nos ventres, cette boule nouée depuis ces longues heures. Ce dernier baiser, je ne l'oublie jamais. Plus qu'une minute, tu sors. J'écoute Yann Tiersen, je te regarde, tourne la tête, te regarde puis tourne la tête de nouveau. Mes larmes me dévisagent, je me vide de toute ma peine.
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Il est vingt heures et trente sept minutes, le train démarre, mon coeur bat à cent à l'heure. Il roule, roule et roule toujours. J'observe le paysage s'éloigné, je regarde le ciel flouté par mes pleurs, les gens blasés me regardent comme s'ils voulaient m'aider.
Ce n'est pas si grave pour ceux qui ne conaissent pas l'amour, mais c'est la pire de toutes les tortures ce retour brutal à la réalité. Notre amour est un rêve, une hallucination que nous seuls sommes capables de percevoir.
Jamais je ne pourrais exprimer tout ce dont je désire, exprimer le bonheur que j'éprouve à tes côtés. Aujourd'hui j'ai vu que tu m'aimais autant que moi, j'ai compris que tu ne pourrais plus vivre sans moi, comme moi je ne pourrais plus respirer si tu partais.
Matthieu, continue de me faire rêver. ♥
Pardon
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